Parti cet été après avoir passé six saisons à l’AS Monaco, François Modesto évolue désormais en Grèce, à l'Olympiakos. Pour francefootball.fr,
l’ancien capitaine monégasque revient sur ce choix, démentant au passage la rumeur qui l’envoyait à l’OM. Il évoque également ses premières semaines
dans le championnat grec, et l’AS Monaco, là où il aurait souhaité terminer sa carrière.
François Modesto, comment se passent vos premiers pas à l'Olympiakos ?
Mes débuts à l'Olympiakos se passent très bien. C'est allé de surprises en surprises. Au début, je ne vous le cache pas, je ne voulais pas venir ici.
Je devais ou rester en France, en signant avec Saint-Etienne, ou partir en Italie. Je n'avais pas envie de changer radicalement.
N'aviez-vous pas signé un accord de principe avec l'OM ?
Non du tout. Ce n'était qu'une rumeur infondée.
Qu'est-ce qui vous a décidé à signer en Grèce si vous ne vouliez pas y aller ?
Les dirigeants de l'Olympiakos ont vraiment insisté. Ils m'appelaient tous les jours pendant une semaine avant de m'envoyer un billet d'avion. J'y
suis allé par respect et, en arrivant, j'ai été stupéfait. J'ai signé au bout de deux heures. Leur projet m'a tout de suite emballé. J'ai tout de
suite vu que c'était sérieux et que l'Olympiakos était un grand club, avec des installations superbes. C'est un peu le Marseille grec, où la passion
est présente tout le temps. Ils m'ont impressionné à tous les niveaux. Et puis il y a le soleil. C'est quelque chose qui m'a beaucoup influencé dans
ma carrière, de Bastia à Monaco, en passant par Cagliari. Ici, en Grèce, ma famille m'a suivi. Mes enfants sont à l'école anglaise et ma femme se
régale dans cette ville culturelle.
Ressentez-vous un vrai changement avec notre Ligue 1 ?
Je ne suis pas trop titulaire pour le moment car je viens d'arriver. Et il me faut un temps d'adaptation car effectivement c'est un championnat
différent, un autre football. Mais j'ai déjà joué quatre-cinq matches, c'est pas mal. Ici, il n'y a pas de tactique. C'est purement de
l'attaque-défense, ça joue beaucoup. Pas comme en Italie où tout est anticipé. Mais il ne faut pas se le cacher. Le Panathinaïkos et nous sommes les
favoris pour le titre. Si on reste sérieux et qu'on mouille le maillot, ce sera plus simple qu'en France. Mais on se doit de respecter les adversaires
et donner le maximum avant tout. La première journée par exemple, on perd 2-1 contre l'Héraklès Salonique parce qu'on s'est relâché. Dans le football,
il faut tuer le match dès qu'on en a l'occasion.
Vous devez donc avoir beaucoup de travail en défense...
Vu que la langue n'est pas évidente, oui, encore plus même. Çaa devient plus difficile pour moi car on doit beaucoup communiquer lors qu'on est
derrière. Alors que Kévin (Mirallas), lui, doit se contenter de marquer des buts, c'est plus simple (rires).
Après Monaco, un nouveau challenge s'offre à vous. Regrettez-vous d'avoir quitté le club de la Principauté ?
J'ai passé six ans à Monaco et je n'aurais jamais pensé venir jouer ici un jour. Ce que je voulais, c'était finir ma carrière à l'ASM. J'étais un
leader, un capitaine, alors quoi de plus normal ? Mais le sort en a décidé autrement. Certains avaient fait le tour de moi, pas moi. J'avais encore
des choses à faire là-bas. J'étais là dans les bons et mauvais moments. J'étais là, avec mes coéquipiers, pour redresser le club. Il sera toujours
dans mon coeur. Mais je ne suis pas rancunier. Vous savez, les gens qui sont à la direction actuellement ne sont que de passage. J'espère seulement
que Monaco retrouvera les sommets.
Qu'est-ce qui vous a marqué lors de votre passage sur le Rocher ?
C'est une grande étape de ma vie. Pendant que je portais avec fierté les couleurs de l'ASM, j'ai eu mes enfants là-bas, je me suis marié là-bas et
puis j'ai joué la C1 là-bas. Que de bons souvenirs. Ce sont des moments forts de ma vie que je n'oublierais jamais. Mais venir en Grèce m'a permis de
mieux tourner la page, c'est évident. J'ai rencontré des gens sincères ici, qui disent ce qu'ils pensent devant toi.
Quels sont vos objectifs pour les deux saisons à venir avec l'Olympiakos ?
D'abord gagner le titre, puis jouer l'Europe. Je vais être honnête, c'est pour ça que je suis venu. Une fois que tu as goûté à la Ligue des champions,
tu veux la rejouer tout le temps. C'est quelque chose de magique. Cette musique d'avant match te donne une sensation qu'aucune autre compétition ne
peut te donner. En tout cas, cette C1 me manque beaucoup.
Vous êtes Corse d'origine, mais retournez-vous souvent sur votre île ?
Je pense tout le temps à la Corse. J'y reviens souvent effectivement et j'observe de près les performances de Bastia, mon club formateur. Jamais je
n'oublierais mes origines. Et puis chaque année, avec l'équipe de Corse, on organise un tournoi pour valoriser notre île.
Terminerez-vous là-bas ?
Un retour ? Je ne sais pas. Mais dans mes pensées, j'ai toujours voulu finir, après ma carrière professionnelle, là-bas. Faire une ou deux années
avant d'arrêter. En gros, finir là où tout a commencé. Ce serait la carrière idéale. Maintenant, on sait que dans le football rien n'est sûr. Je ne
décide pas de tout.»
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