Edito
Le 22 février 2012 par Aurélien Maestracci - Michaël Baranes
AS Monaco, chronique d’un drame annoncé
On ne jouera pas aux donneurs de leçons, nous n’avons ni la prétention ni les compétences pour gérer un club de football professionnel. D’autres à
l’inverse, depuis plusieurs années, s’en sont cru capables et ont mené le club à sa perte. L’ASM FC est au bord du précipice et sa mort est
aujourd’hui un risque bien réel. Retour sur les décisions qui enfoncent aujourd’hui notre équipe tout droit vers le National.
Le constat est aujourd’hui limpide : près de 90% d’entre vous craignent une relégation en National. Une lucidité froide qui tranche avec
l’enthousiasme et la subjectivité dont font généralement preuve les supporters. Il faut dire que depuis quelques années nous avons appris à être
raisonnables et à baisser la tête. A ranger les écharpes en public pour ne pas être moqués. Condamnés à sortir des journaux poussiéreux et des DVD
usés d’une épopée européenne en forme de chant du cygne.
Il y a un an déjà, nous répétions à l’envi sur Asmfoot Radio que le risque de disparition du club était réel et que l’arrivée d’investisseurs étrangers majoritaires dans le capital du club était urgente. Après avoir vivoté quelques saisons en Ligue 1, de transferts fumeux en petits arrangements discutables, l’ASM est logiquement tombée en Ligue 2. On pouvait alors espérer que les dirigeants de l’époque, grandement responsables de la situation, soient mis à la porte, comme dans n’importe quel club. Mais à Monaco, les choses ne sont pas aussi simples.
Passage en Société Anonyme : un fléau ?
Tout d’abord, parce que depuis l’ère Pastor, l’AS Monaco a été transformée en Société Anonyme, ce qui signifie la présence d’un Conseil d’Administration. Un choix qui a eu de lourdes conséquences. Une positive qu’il faut bien reconnaître. En 2003, après la blessure de Shabani Nonda, c’est le Conseil d’Administration qui a poussé pour le recrutement de Fernando Morientes, quand une partie des dirigeants souhaitaient faire confiance à... Marco Simone, ou que Deschamps voulait recruter Elber. Mais c’est également au Conseil d’Administration que l’on doit le torpillage de l’intérieur de Jérôme de Bontin, qui malgré son arrogance très américaine et ses maladresses avait amorcé un retour à la stabilité et proposait un vrai projet d’avenir. Avec quelques anciens dirigeants revanchards au Conseil, la tâche de JdB était perdue d’avance.
Et c’est surtout à ce fameux Conseil d’Administration que l’on doit la non-venue des dirigeants russes à la dernière intersaison. Selon nos informations, Dmitry Rybolovlev avait fait une offre en deux temps au club. Un premier apport non négligeable devait lui permettre d’avoir un certain accès aux coulisses de l’ASM FC, sans pouvoir décisionnaire. Et au bout de quelques mois, si l’affaire se passait convenablement, une offre similaire à celle faite cet hiver aurait suivi : une prise de contrôle et un investissement massif. Cette proposition fut refusée par le Conseil d’Administration. Les raisons officielles n’ont pas été dévoilées, mais on peut facilement imaginer que quelques-uns n’ont pas voulu voir leur position fragilisée à l’époque. Avec les millions d’euros supplémentaires proposés par M. Rybolovlev l’été dernier, il aurait été possible de conserver certains éléments et surtout de bâtir tôt une équipe capable de remonter.
Sans moyen, avec un directeur du recrutement arrivé sur le tard, les erreurs ont été nombreuses et certains joueurs envisagés comme des tauliers (Helstad, Dumont, Vahirua voire Afolabi) ont été loin du niveau espéré. Une préparation tronquée, un groupe jeune et sans vécu en proie au doute, les débuts sont évidemment catastrophiques. Et ce n’est malheureusement pas le remplacement de Laurent Banide par Marco Simone qui a amené un regain de sérénité à l’effectif. Le choix de placer un entraîneur inexpérimenté à la tête d’une équipe en perdition fut d’ailleurs la dernière décision de l’ancienne direction. Sous la pression du Conseil National, de la SBM, des supporters (permettez-nous de rêver un peu) et devant l’évidence de l’échec total des dirigeants en place, le Palais a cédé aux avances de Dmitry Rybolovlev. Trop tard ?
Avec une évidente volonté de réussir, le président russe s’est entouré de professionnels du milieu, chose à laquelle nous n’étions plus habitués depuis quelques années. Mais dans cette soif de rattraper le temps perdu, les changements ont été très (trop ?) nombreux cet hiver. Dix recrues dans une équipe qui parvenait enfin à trouver ses marques, était-ce bien raisonnable ? Ne valait-il mieux pas concentrer les sommes impressionnantes dépensées (15 millions d’euros) sur trois à quatre très bons joueurs que sur 10 joueurs qui pour la plupart n’ont pas prouvé une réelle supériorité ? « Laissons-leur du temps », serait-on tenté de dire en temps normal. Oui, mais l’AS Monaco n’a plus le temps. Cela fait huit ans que l’on nous en réclame. Aujourd’hui, il ne nous reste que quelques semaines pour nous sauver.
Le Mans/Monaco : une finale
Un coup d’œil sur le calendrier permet de se rendre compte de la difficulté de la tâche. Il reste un mois à l’équipe pour sortir de la zone rouge à tout prix, avec une date à retenir tout particulièrement : Le Mans/Monaco, le 30 mars. Dernière étape face à un concurrent direct au maintien, il s’agira réellement d’une rencontre à six points. Surtout qu’elle sera suivie par des déplacements chez les ténors Clermont et Reims, avant un ultime match à Boulogne-sur-Mer, qui jouera probablement sa survie ce jour-là. Bref, un final qui n’est pas sans rappeler la relégation de la saison dernière…
L’AS Monaco survivrait-elle à une descente en National ? Probablement pas. Certes, Dmitry Rybolovlev aurait signé une concession longue en ce qui concerne l’exploitation du stade Louis II, mais il est tout à fait envisageable qu’une clause de départ ait été prévue en cas de relégation à un niveau où seules trois à quatre équipes sont encore professionnelles. Si l’investisseur principal quitte le navire, il sera difficile d’éviter un dépôt de bilan, synonyme de mort du club. Ce n’est pas un cauchemar, ni les élucubrations de supporters illuminés. Strasbourg joue chaque week-end face à Vesoul ou Belfort Sud, Grenoble végète en CFA2, Cannes en CFA et pour ceux qui l’ont connu, Toulon ne s’en est jamais remis…
Les erreurs sont innombrables dans la gestion de l’AS Monaco depuis huit ans. Le club est en phase terminale, un miracle est espéré par tout un peuple. La défaite est interdite face à Laval, sous peine de quasiment se condamner en cas de résultat favorable pour les concurrents directs. Nous en sommes-là, à guetter un battement de cœur, un frémissement, espérant ne pas voir notre club rendre son dernier souffle…
Il y a un an déjà, nous répétions à l’envi sur Asmfoot Radio que le risque de disparition du club était réel et que l’arrivée d’investisseurs étrangers majoritaires dans le capital du club était urgente. Après avoir vivoté quelques saisons en Ligue 1, de transferts fumeux en petits arrangements discutables, l’ASM est logiquement tombée en Ligue 2. On pouvait alors espérer que les dirigeants de l’époque, grandement responsables de la situation, soient mis à la porte, comme dans n’importe quel club. Mais à Monaco, les choses ne sont pas aussi simples.
Passage en Société Anonyme : un fléau ?
Tout d’abord, parce que depuis l’ère Pastor, l’AS Monaco a été transformée en Société Anonyme, ce qui signifie la présence d’un Conseil d’Administration. Un choix qui a eu de lourdes conséquences. Une positive qu’il faut bien reconnaître. En 2003, après la blessure de Shabani Nonda, c’est le Conseil d’Administration qui a poussé pour le recrutement de Fernando Morientes, quand une partie des dirigeants souhaitaient faire confiance à... Marco Simone, ou que Deschamps voulait recruter Elber. Mais c’est également au Conseil d’Administration que l’on doit le torpillage de l’intérieur de Jérôme de Bontin, qui malgré son arrogance très américaine et ses maladresses avait amorcé un retour à la stabilité et proposait un vrai projet d’avenir. Avec quelques anciens dirigeants revanchards au Conseil, la tâche de JdB était perdue d’avance.
Et c’est surtout à ce fameux Conseil d’Administration que l’on doit la non-venue des dirigeants russes à la dernière intersaison. Selon nos informations, Dmitry Rybolovlev avait fait une offre en deux temps au club. Un premier apport non négligeable devait lui permettre d’avoir un certain accès aux coulisses de l’ASM FC, sans pouvoir décisionnaire. Et au bout de quelques mois, si l’affaire se passait convenablement, une offre similaire à celle faite cet hiver aurait suivi : une prise de contrôle et un investissement massif. Cette proposition fut refusée par le Conseil d’Administration. Les raisons officielles n’ont pas été dévoilées, mais on peut facilement imaginer que quelques-uns n’ont pas voulu voir leur position fragilisée à l’époque. Avec les millions d’euros supplémentaires proposés par M. Rybolovlev l’été dernier, il aurait été possible de conserver certains éléments et surtout de bâtir tôt une équipe capable de remonter.
Sans moyen, avec un directeur du recrutement arrivé sur le tard, les erreurs ont été nombreuses et certains joueurs envisagés comme des tauliers (Helstad, Dumont, Vahirua voire Afolabi) ont été loin du niveau espéré. Une préparation tronquée, un groupe jeune et sans vécu en proie au doute, les débuts sont évidemment catastrophiques. Et ce n’est malheureusement pas le remplacement de Laurent Banide par Marco Simone qui a amené un regain de sérénité à l’effectif. Le choix de placer un entraîneur inexpérimenté à la tête d’une équipe en perdition fut d’ailleurs la dernière décision de l’ancienne direction. Sous la pression du Conseil National, de la SBM, des supporters (permettez-nous de rêver un peu) et devant l’évidence de l’échec total des dirigeants en place, le Palais a cédé aux avances de Dmitry Rybolovlev. Trop tard ?
Avec une évidente volonté de réussir, le président russe s’est entouré de professionnels du milieu, chose à laquelle nous n’étions plus habitués depuis quelques années. Mais dans cette soif de rattraper le temps perdu, les changements ont été très (trop ?) nombreux cet hiver. Dix recrues dans une équipe qui parvenait enfin à trouver ses marques, était-ce bien raisonnable ? Ne valait-il mieux pas concentrer les sommes impressionnantes dépensées (15 millions d’euros) sur trois à quatre très bons joueurs que sur 10 joueurs qui pour la plupart n’ont pas prouvé une réelle supériorité ? « Laissons-leur du temps », serait-on tenté de dire en temps normal. Oui, mais l’AS Monaco n’a plus le temps. Cela fait huit ans que l’on nous en réclame. Aujourd’hui, il ne nous reste que quelques semaines pour nous sauver.
Le Mans/Monaco : une finale
Un coup d’œil sur le calendrier permet de se rendre compte de la difficulté de la tâche. Il reste un mois à l’équipe pour sortir de la zone rouge à tout prix, avec une date à retenir tout particulièrement : Le Mans/Monaco, le 30 mars. Dernière étape face à un concurrent direct au maintien, il s’agira réellement d’une rencontre à six points. Surtout qu’elle sera suivie par des déplacements chez les ténors Clermont et Reims, avant un ultime match à Boulogne-sur-Mer, qui jouera probablement sa survie ce jour-là. Bref, un final qui n’est pas sans rappeler la relégation de la saison dernière…
L’AS Monaco survivrait-elle à une descente en National ? Probablement pas. Certes, Dmitry Rybolovlev aurait signé une concession longue en ce qui concerne l’exploitation du stade Louis II, mais il est tout à fait envisageable qu’une clause de départ ait été prévue en cas de relégation à un niveau où seules trois à quatre équipes sont encore professionnelles. Si l’investisseur principal quitte le navire, il sera difficile d’éviter un dépôt de bilan, synonyme de mort du club. Ce n’est pas un cauchemar, ni les élucubrations de supporters illuminés. Strasbourg joue chaque week-end face à Vesoul ou Belfort Sud, Grenoble végète en CFA2, Cannes en CFA et pour ceux qui l’ont connu, Toulon ne s’en est jamais remis…
Les erreurs sont innombrables dans la gestion de l’AS Monaco depuis huit ans. Le club est en phase terminale, un miracle est espéré par tout un peuple. La défaite est interdite face à Laval, sous peine de quasiment se condamner en cas de résultat favorable pour les concurrents directs. Nous en sommes-là, à guetter un battement de cœur, un frémissement, espérant ne pas voir notre club rendre son dernier souffle…



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